Par Anne Sinclair
Source: msn.fr
Inconnue avant son arrivée au gouvernement, Rachida Dati a longtemps été la protégée de Nicolas Sarkozy. Mais depuis un an, la Garde des Sceaux a fait de nombreux faux-pas. Et le soutien du Président semble de plus en plus ténu. Pourtant face à la colère des magistrats et aux rumeurs d'un éventuel départ de la place Vendôme, la ministre tient bon. Rachida Dati, serial gaffeuse ou dame de fer?
- La prison pour les moins de 12 ans -
C'est la dernière gaffe en date de la part de la Garde des Sceaux. Le 5 décembre dernier, Rachida Dati se déclare favorable à la prison pour les mineurs de moins de 12 ans, parlant même de mesure de "bon sens". Le surlendemain, elle est publiquement désavouée par une partie de l'UMP et par son Premier ministre, François Fillon, qui se déclare "totalement hostile" au projet.
- L'arrestation brutale d'un journaliste -
Autre affaire, autre gaffe. Le 28 novembre, l'ancien directeur de Libération, Vittorio de Filippis, est interpellé par la police à son domicile. Il s'agit d'une simple affaire de diffamation mais l'arrestation est violente et provoque une levée de boucliers dans la presse. Alors que Rachida Dati soutient la juge à l'origine du mandat d'arrêt, Nicolas Sarkozy contredit sa ministre quelques jours plus tard, faisant part de son "émoi" et demandant même l'ouverture d'une enquête.
- Un violeur libéré par erreur -
C'est un épisode judiciaire qui a provoqué la colère du Président. Le 23 octobre, Jorge Montes, un violeur multirécidiviste est libéré... par erreur! En voyage à Pékin, Nicolas Sarkozy sermonne Rachida Dati et lui reproche sa passivité. Aussitôt, cette dernière ordonne la réincarcération du violeur. Une affaire qui illustre les relations désormais tendues entre le Président et son (ex?) protégée...
- Une pétition historique -
C'est une première: fin octobre, 534 magistrats signent une pétition dans laquelle ils réclament des excuses publiques de la ministre après le suicide d'un mineur à la prison de Metz. Ils dénoncent l'incohérence de Rachida Dati qui reproche aux juges d'avoir pris la décision d'incarcérer ce jeune de 16 ans alors même que la Garde des Sceaux avait demandé aux procureurs de prendre des mesures fermes à l'encontre des mineurs délinquants.
- Une grossesse polémique -
Septembre 2008: Rachida Dati annonce officiellement qu'elle est enceinte. Refusant de donner le nom du père, la ministre s'explique en affirmant: "J'ai une vie privée compliquée." Une formule jugée maladroite à l'Elysée et qui souligne pour la première fois la fragilité personnelle de la ministre.
- Le secret des sources remis en cause -
Mai 2008: en demandant, dans un projet de loi, que le secret des sources des journalistes ne soit pas absolu (notamment dans les affaires pénales liées au terrorisme et à la grande criminalité), Rachida Dati provoque la colère de la presse qui y voit une atteinte à la liberté d'enquêter
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- Une carte judiciaire qui passe mal -
Fin 2007: menée sans véritable concertation, la réforme de la carte judiciaire provoque une levée de boucliers dans les localités concernées, même au sein de la majorité UMP. La disparition annoncée des tribunaux de certaines villes a en effet provoqué la colère de la classe politique et judiciaire. Magistrats, avocats et juges dénoncent notamment un calendrier de réforme bancal et un manque de concertation.
- Un ministère au-dessus de ses moyens -
Décembre 2007: le ministère de la Justice annonce que ses frais de représentation ont nécessité une rallonge budgétaire de 100.000 euros (soit 30% de plus que prévu), portant le budget total à 270.000 euros pour l'année. Selon plusieurs journaux, à côté des frais de réception figurent notamment des dépenses personnelles comme des paires de collants et des produits de maquillage
- Un style trop chic -
"Rachida Dati entre dans les prisons comme on monte les marches du Festival de Cannes." Prononcée par un député socialiste membre de la Commission d'Outreau, cette phrase résume à elle-seule le sentiment d'une partie de l'appareil judiciaire à l'égard de leur ministre de tutelle. Le goût prononcé de la Garde des Sceaux pour les robes de couturiers et les bijoux dérange dans un milieu où la discrétion et la simplicité sont de mise. En cause notamment : des clichés de la ministre publiés dans "Paris Match" fin 2007 et où on la voit posant en bas résille et en bottes à talons hauts
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- Des collaborateurs sur le gril -
C'est un record inégalé. Depuis un an, la place Vendôme a vu une vingtaine de membres du cabinet de Dati quitter leurs fonctions dans des conditions souvent houleuses. Directeur de cabinet, conseiller, secrétaire... Tous ont remis en cause le caractère autoritaire et impulsif de la ministre.
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