Par Line Renaud
EN COLERE!!!!!!
L'échantillon retenu est composé de 243 hommes ayant déclaré avoir eu au moins un rapport sexuel avec un homme au cours des 12 derniers mois. Plus de quatre sur dix sollicitent le dispositif pour la première fois (43,7 %)2. Les trois principaux modes de connaissance sont Internet (32,3 %), l'annuaire papier (16,2 %) et une affiche ou brochure (11,1 %). Ce public est marqué par une forte prépondérance des appelants franciliens (49,3 %) et surtout des parisiens (30 %). Rhône-Alpes est la deuxième région d'appel (10,5 %) suivie des Pays de la Loire (5,7 %).
Les appelants ont en moyenne 35 ans. Si l'amplitude des âges renseignés est importante, de 17 ans pour le plus jeune à 71 ans pour le plus âgé, les classes d'âges extrêmes sont faiblement représentées et notamment les moins de 20 ans. Quatre appelants sur dix ont entre 25 et 34 ans et plus de la moitié entre 25 et 39 ans (55,6 %).
Orientation et pratiques sexuelles
Trois quarts des hommes interrogés s'identifient comme homosexuel ou bisexuel et un peu plus d'un sur dix comme hétérosexuel. Un sur dix ne se définit pas que ce soit par refus ou par difficulté à s'identifier. Quatre sur dix ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avec une ou des femmes au cours des douze derniers mois.
Concernant le nombre de partenaires sexuels masculins au cours des 12 derniers mois, près d'un quart ont eu un seul partenaire. De deux à cinq partenaires est la fourchette la plus citée par les hommes interrogés, près de quatre sur dix (38,3 %). Ils sont tout aussi nombreux à avoir eu six partenaires ou plus (37,9 %).
Un appelant sur dix déclare n'avoir aucune activité de sociabilité gay. Fréquenter un bar ou club sans backroom ou consulter les sites de rencontre sur Internet sont les activités les plus citées. Les lieux où les échanges sexuels sont possibles (saunas, backrooms ou sex clubs) sont les activités les moins citées : un tiers fréquente les saunas et un quart les backrooms ou sex clubs. Toutefois, si seuls 13 % ont déclaré fréquenter les deux types d'endroits, la fréquentation de l'un ou l'autre concerne près de la moitié des hommes interrogés.
Prises de risque
Seuls 13,6 % des hommes interrogés ont déclaré avoir eu uniquement des pratiques sexuelles protégées au cours des 12 derniers mois. Les rapports bouche-sexe non protégés sont majoritairement évoqués : huit hommes sur dix déclarent cette pratique. Les pénétrations anales (actives ou passives) non protégées concernent un quart des hommes interrogés et les relations vaginales sont quasiment autant évoquées (22,2 %).
Parmi les hommes ayant eu une pénétration anale non protégée (PANP), 89 % (N=61) ont également eu un rapport bouche-sexe sans protection et 30 % un rapport vaginal sans préservatif. Dans plus de quatre cas sur dix, la relation anale non protégée a eu lieu avec un partenaire occasionnel (43 %, N=26). Ils représentent 10,7 % de l'ensemble des hommes interrogés. Dans ce contexte, la grande majorité des hommes ont déjà eu une PANP avec un partenaire occasionnel dont ils ignoraient le statut sérologique (83 %) et une minorité avec un homme qu'ils savaient séropositif au VIH (8 %). Enfin, un peu plus d'un tiers ont déjà eu une PANP en ayant connaissance de la séronégativité du partenaire occasionnel .
Plusieurs partenaires occasionnels possibles donc somme supérieure à 100.
Dépistage
Près de huit hommes sur dix ont réalisé au moins un test de dépistage au cours des 24 derniers mois. Le nombre de tests effectués au cours de cette période varie entre 1 et 30, avec en moyenne un peu plus de 3 tests par homme. La proportion de répondants atteints par le VIH est de 7,4 %. Plus de la moitié déclarent être séronégatifs et plus d'un tiers ignorent leur statut sérologique (12,3 %) ou ne sont plus certains d'être séronégatifs (23 %).
La prévalence déclarée d'une infection sexuellement transmissible (IST) au cours des 12 derniers mois s'élève à 12,8 % (N=31) des HSH interrogés : 4,1 % de condylomes, 2,1 % de syphilis, 1,2 % de blennorragie, 1,2 % d'herpès (génital ou anal), 0,4 % de Chlamydiae et 3,7 % d'une autre IST.
En raison du faible effectif, les tests statistiques ne sont pas significatifs pour déterminer un profil à risque des hommes ayant eu une PANP avec un partenaire occasionnel. Toutefois, la majorité des indicateurs sont proches de ceux dégagés dans l'enquête « Baromètre gay 2002 ». Les hommes ayant pris ce type de risque ont globalement davantage d'activités de sociabilité gay et surtout une fréquentation plus importante de backrooms, sex club et video clubs. Les jeunes sont bien plus nombreux dans ce groupe : 30,8 % ont moins de 25 ans vs 12 % parmi les autres hommes. Par ailleurs, au cours des 12 derniers mois, ils sont proportionnellement aussi nombreux à avoir eu des relations sexuelles avec une ou des femmes que les autres hommes interrogés (quatre sur dix) et ils ont eu davantage de partenaire sexuels masculins : deux tiers ont eu plus de six partenaires versus un tiers parmi les autres répondants. Les appelants s'identifiant comme bisexuels déclarent plus souvent avoir eu une PANP avec un partenaire occasionnel (13,3 %) que les homosexuels (9,4 %) ou les hétérosexuels (6,5 %).
Enfin, s'ils déclarent davantage un antécédent d'IST au cours des 12 derniers mois (19,2 % vs 12 %), ils ont moins recours au dépistage du VIH : quatre sur dix n'ont réalisé aucun test au cours des deux dernières années (39,1 %), soit deux fois plus que parmi les autres répondants (20,3 %).
Conclusion
Cette enquête fournit les premiers indicateurs caractérisant le public des hommes ayant des rapports avec d'autres hommes sollicitant la ligne Sida Info Service et non plus uniquement les hommes se définissant comme homosexuels ou bisexuels. La notion de HSH, née de la volonté de prendre en compte toutes les personnes ayant des rapports avec des personnes du même sexe et non plus uniquement celles se définissant d'emblée comme homosexuelles et/ou ayant une vie sociale « gay » assumée, trouve toute sa dimension dans les résultats de cette enquête. L'échantillon est ainsi composé d'un quart d'hommes qui ne se reconnaissent ni dans l'orientation homosexuelle, ni bisexuelle.
Considérer ce public HSH comme groupe ayant des pratiques présentant un risque élevé, permet d'inclure des hommes qui, ne se reconnaissant pas comme homosexuels ou bisexuels, échappent de fait aux études sur les comportements à risques de ces populations. Les résultats de cette enquête affirment la nécessité de prendre en considération l'ensemble de ce public : un homme interrogé sur dix a pris un risque majeur, à savoir une pénétration anale non protégée avec un partenaire occasionnel, et plus d'un sur dix ont déclaré avoir eu une IST, au cours des douze derniers mois.
Par ailleurs, les résultats de cette enquête montrent la nécessité de prendre en compte tous les partenaires sexuels dans les actions de prévention auprès des HSH. On ne peut négliger que parmi les hommes ayant eu une pénétration anale non protégée avec un partenaire masculin, 30 % ont également eu un rapport vaginal sans préservatif. Les spécificités liées au genre et la perception du risque selon le genre du partenaire doivent être intégrées dans les stratégies de prévention du VIH et des IST.
Source : Observatoire Sida Info Service – 2007 - Gayvox